Lettre à l'absent
Le rouge et le noir
mercredi, mars 26, 2008
traversé de desert

Comme tout homme qui se respecte, j’ai mes périodes de traversé de désert!

Ce qui n’est pas mauvais en soi, mais qui peut devenir dangereux si cette ‘traversé’ devient un ‘séjour’ !

Mais là, je veux parler d’autre chose ;

Ces traversés, sont une bonne occasion pour essayer de mieux connaître notre entourage. Ceux que l’on croise chaque jour, ceux qui occupent ou ceux qui ont occupés une place dans notre vie, dans notre tête ou dans notre cœur. On peut facilement les placer dans les différentes catégories grâce à cette occasion.

Tout d’abord, il y a ceux qui sont les causes des ces traversés, ceux qui déclanchent ce malaise si profond qui nous pousse à partir dans cette quête pour trouver ‘la’ réponse,… Là, je les mets pour une autre occasion, quand je serai plus calme et plus serein pour les évoquer, car ils demandent des lignes et des lignes de réflexion, et surtout une méthodologie pour les éviter dans la vie (que j’ignore toujours).

Sinon il y a ce qui sont tellement sûr d’eux-mêmes, ceux qui ont (d’après eux) la solution finale à nos problèmes qui veulent nous obliger à monter dans leurs 4X4 (dont ils sont très fier), sans savoir qu’ils n’ont même pas assez d’essence pour aller bien loin et qu’ils vont se perdre avant nous, mais avec une différence. Ces gens là sont si sûre d’eux même (sans raison) qu’il n’y a aucun espoir de se retrouver avec eux, car ils n’ont que leur GPS collé sur leur voiture, et une fois la voiture en panne, tout est fini pour eux!

Il y a aussi ceux qui passent à coté de toi, qui te disent ‘bonjour’ avec leur sourire insensé, ou qui te racontent leur soirée d’hier ou… sans même voir dans quel état tu es, ce qui sont les centres de ce monde, ceux qui … (peut être ne méritent ils même pas plus d’exemples !)

Et une dernière catégories, une groupe bien rare et (peut être) le seul qui m’intéresse : Ceux qui font peut être pas grande chose en apparence, mais ceux qui font changer tout pour toi. Ceux qui reste juste à coté de toi sans dire le moindre chose, ceux qui sont capables de se perdent avec toi, ceux qui ne font que juste t’observer, et qui te prennent la main quand tu tombes, sans pour autant essayer de t’amener vers la direction qu’ils trouvent le plus pertinent en te forçant. Ceux qui ne te poussent pas, mais ils te montrent la direction qui est bonne d’après eux, et ceux qui ne te forcent pas à sortir de ce désert.

Ou tout simplement ceux qui vont à l’autre bout de désert, et qui t’attend impatiemment pour que te fasse ton trajet, pour que tu puisses bien te perdre avec l’espoir que tu te retrouves mieux, ceux qui crient temps en temps : ‘courage, mais sache que je suis la’ …

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Et c’est combien agréable de faire un traversé qui nous semblait sans fin, et qu’un jour on trouve l’issue et qu’on en sort fatigué, et qu’à l’autre bout, on trouve les bras de ces rares ‘AMIS’ pour se reposer, pour tout recommencer.

Le mien, semble toujours un peu loin de prendre fin, mais je sais déjà que peu importe de temps de ce traversé, je peux compter sur ces bras, car ses rares bras seront toujours à l’autre bout.

mardi, mars 18, 2008
Regard

Cela faisait plus de deux heures que j’étais là, au milieu de nulle part et avec ces gens si étrange. J’ai regardé autour de moi. Cela ressemblait plutôt à une de ces caricatures qu’on voit dans les films mais cette fois c’était vrai : Au milieu de ces tableaux abstraits avec leurs couleurs vifs, face à une sculpture de huit corps sans têtes, sans pieds et sans mains qui dansaient, j’étais entouré par un cercles étranges : Des génies fous. Un philosophe avec un rire diabolique, un mathématicien avec des tocs, un peintre barbu qui parlait plutôt avec ses mains qu’avec ses mots, … et un homme à part : un agité qui ne restait pas en place malgré son age (la cinquantaine) il sautait dans tous les sens, il embêtait les gens, il les dessinait en cachette en accentuant leurs défaut pour se moquer d’eux en courant partout. On aurait dit une vague qui avait peur de rester immobile et de s’échouer, alors il s’agitait…

J’avais la tête qui tournait, les tableaux, ces gens là, les discussions si lourdes et si profondes à tenir,… ajoutons à cela un débat de plus d’une heure trente dans la voiture avec deux penseurs (sur mes problèmes relationnels avec les êtres en générales) et un court métrage qui parlait de « la recherche de vide » par les le peintre qui nous prévenait que « l’excès d’intellectualisme est la mort » et . . . alors vous pouvez imaginez mon état. Je me sentais rempli d’une substance étrange qui voulait sortir de ma tête, de mon âme. J’avais besoin du temps pour tout comprendre, pour tout analyser, pour que toutes ces choses se déposent en moi. Mais avant que je puisse comprendre et apprécier la première idée, il y en avait déjà une dizaine d’autres qui cherchait à se faire une place… Et moi qui tournais au rythme de cette alchimie étrange.

Je ne pouvais plus jouer à mon jeu habituel…

Et la j’ai baissé ma garde, pour quelque instant, pour respirer, pour retrouver mes forces, pour faire une pause…

C’était à ce moment précis que mon regard a croisé son regard pour la première fois.

Ce perturbateur essayait de me dessiné en cachette, et là il est resté fixé sur moi. Comme un homme ensorcelé, je pouvais plus faire le moindre mouvement. J’ai senti qu’il entait en moi, dans mon fort intérieure, dans mon âme, et peut être pour la première fois je ne faisais aucun effort pour l’empêcher.

Et soudain, je me reprends, je reviens, je ferme ma garde, je reprends mon sourire et je remets le masque. Tous cela ne devait pas durer que quelque instant, mais pour moi c’était comme une éternité. Et lui, il n’était plus là, il s’était enfoui dans la foule.

Je pouvais plus supporter tous cela, j’étais affaibli, sans force, impuissant, perdu…

Quand je me suis retrouvé, j’étais dehors, dans cette ville inconnue, sous la pluie, et je marchais, sans savoir vraiment ma destination. Je ne savais plus comment j’avais quitté le salle et comment je suis arrivé jusqu’à la, mais la seule chose que je me rappelais, c’était sa main froide qui m’a retenu devant la porte, son regard qui ne quittait pas le sol cette fois et c’était sa voix si faible qui me disait :

« C’est pas l’envie qui te manque, mais peut être c’est juste ton sourire qui te tient, qui te sauve. Mais tu es en train de le perdre aussi. Fais quelque chose maintenant, sinon demain ça sera trop tard. »

Oui, il avait vu ce que personne n’a pu voir depuis longtemps, il a pu voir ce qui n’était pas à voir…

La pluie était forte, et personne cette fois, ne pouvait voir au fond de mes yeux, car ils étaient déjà remplis. Et moi, je cherchais a savoir ou j’ai perdu mon sourire, dans le regard de qui …

dimanche, mars 02, 2008
Juste le temps d'une vie

Bonjour,

J’espère que tu vas bien.

Moi ça va, … en fait non, je t’ai promis de ne plus mentir alors … moi ça va pas ! Il y a quelque chose qui me démange depuis deux ans, quelque chose qui me hante depuis ton départ, quelque chose qui ne me laisse pas tranquille même un instant, quelque chose …

Rien ne peut détruire plus une personne que le sentiment de culpabilité ! Et là, j’ai ce sentiment, mais avec une différence. Cette fois tu es plus là pour m’aider à le résoudre et cette fois je suis seul face à lui, et ….

Oui, je me sens coupable, car je n’étais pas là quand tu es parti. Je sais, tu es plus grand que ça pour me tenir rigueur pour cela, mais c’est moi qui n’arrive pas à trancher, et là je t’écris pour que tu me dises qui est le vrai coupable, moi ou toi ?

Tu sais, ce soir là, quand on a conclu que je devais partir, je suis revenu devant ta chambre, et avant d’ouvrir la porte, j’ai senti quelque chose. Quelque chose de nouveau que je n’avais pas senti depuis pas mal de temps, quelque chose que tu m’avais appris à oublier et à ignorer. Oui, j’avais peur, j’avais peur d’ouvrir cette porte et …

Mais comme toujours je l’ai ignoré car tu disais qu’avec la peur on n’avancera jamais !

Sous la lumière de ta petite lampe de nuit, tu dormais, silencieux, calme et malgré une quinzaine de kilo de moins, tu était comme toujours, fort, stable, rassurant.

Je t’ai regardé pendant quelques minutes, mais je n’ai pas réussi à me convaincre de te réveiller, alors je me suis rapproché de ton lit, et j’ai embrassé ton front, et je ne t’ai pas dit au revoir car …

La dernière chose que je me rappelle de ce foutu soir, c’est la lumière de ta chambre qui disparaissait dans le noir de la nuit et mes yeux qui était chaud et prêt pour se lâcher…

Et quand, une semaine après, je suis revenu dans la même chambre, tout était pareil, le lit, la lumière, l’odeur de chambre, tes livres sur la table, … c’est juste que tu n’étais plus là.

Tu sais, je ne t’ai pas réveillé ce soir là car je ne voulais pas te dire au revoir, car je déteste ce mot, car malgré tout j’avais peur, car au fond de moi, je savais qu’il y avait peu de chance pour une autre retrouvaille après avoir dit ‘au revoir’. Alors je voulais partir comme ça, sans rien dire, en espérant que cela t’oblige à rester quelque temps de plus, car je savais que tu ne partirais jamais sans dire au revoir à nous tous.

Et là, tu m’as eu, tu n’étais plus là. Tu n’as même pas voulu rester pour que je revienne, tu n’as même pas voulu m’attendre. Je sais, je sais que tu en avais marre et que tu voulais partir mais tu n’avais pas le droit de me faire ça à moi, à ton fils, à ton …

Non, maintenant que je réfléchi, cela n’est pas de ma faute, non. Peut être que je n’ai pas été toujours un fils parfait, mais je méritais un dernier au revoir avant de partir…

Bref, je sais que tu es entrain de rigoler en lisant tout ça. Oui, je n’ai pas changé, j’écris mal quand je suis révolté ou impuissant et que je cherche toujours pour trouver un coupable pour chaque chose.

Mais cette fois, sache que je ne compte pas t’abandonner, je t’écrierai, je le crierai et j’attendrai pour que tu me répondes. Même si une vie serait nécessaire pour cela !

Alors j’attendrai juste le temps d’une vie pour cette réponse, pour …

samedi, février 16, 2008
Absent omniprésent

Mon cher Papa

Ça fait long temps que je voulais t’écrire, mais Je n’ai pas pu. Je ne pouvais pas, ce n’était pas un manque de volonté ou un manque de temps, et ce n’était moins la faute d’essayer.

Je sais, cela fait deux ans que je devais t’écrire, je sais que je t’avais promis de t’écrire tous les jours, mais bon, les centaines de pages déchirées de mes cahiers, les murs de ma chambre, cet écran d’ordinateur, … peuvent témoigner de mes tentatives sans résultats.

Bref, maintenant qu’enfin j’ai décidé de t’écrire, c’est mieux qu’on parle des autres choses que de mes excuses surtout que je sais, tu n’aimes pas du tout les excuses. Tu m’as appris à ne pas faire des erreurs, et quand je le fais, tu me demandais juste de les assumer et de ne pas me chercher des excuses ! Alors j’assume mon manque de courage et je passe à la suite !

…Mais en fait, comment te faire un bilan de ces deux années dans ces quelque lignes ? Ca sera impossible mais bon, il faut bien commencer quelque part, alors je fais vite, rapide et concis et je te réécrirai bientôt et plus régulièrement, pour essayer de rattraper le temps perdu.

Tu sais, grâce à toi, j’ai pu voir tout le monde que je n’avais pas vu depuis des années. Tu sais, le jour que tu es parti, il y avait quelques milliers de gens qui sont venu pour nous voir. Ils étaient tous là, je t’ai cherché partout, je savais que tu ne supportes pas que tes invités viennent et que tu ne sois pas là, mais je ne t’ai pas trouvé. Durant tout ce temps, j’ai eu le temps de parler des heures et des heures de toi avec tes amis, ton entourage, des gens dont le chemin avait croisé le tien à une période de ta vie si atypique. Mais bon tu sais, à force de passer du temps avec eux, tu ne m’as pas vraiment manqué.

Sinon, enfin IL a décidé de se marier. Je sais à quel point tu voulais être la. Le soir de mariage, j’ai passé des moments inoubliables. Tout était parfait, tout le monde était la, une foule incroyable. Je sais, ils étaient venu juste pour ton respect, mais tu sais, ce soir la j’étais tellement occupé que tu ne m’a même pas manqué, même le moment ou il a levé son verre et qu’IL a parlé de toi et de ton absence et …

Tu sais, enfin on a décidé de réunir toute notre famille si dispersée partout dans le monde pour une semaine. On a loué une villa magnifique au bord de mer, avec la piscine, un magnifique terrasse et … tout le monde était la, je n’avais jamais vu tous ces gens la en même temps dans ma vie, c’était vraiment bien, mais j’était tellement heureux avec eux que tu ne m’a même pas manqué.

Non, ne t’inquiète pas, je ne pense pas à toi, je ne commence pas et je ne fini pas mes journées avec tes souvenirs, tu n’es pas toujours présent avec moi, je te …

Bref, je t’envoi une photo de moi que je viens de prendre, tu te demandera pourquoi j’ai des yeux rouge sur la photo, ne t’inquiète, je ne pleure pas, c’est juste une petite allergie et ce n’est pas parce que tu me manques

Tu sais, après ton départ, je fais et je respecte tous ce que tu m’a appris, ou presque. Il y a juste une seule chose que je n’ai pas respectée. J’ai commencé à mentir, je sais que ce n’est pas bien.

Je sais que tu n’aime pas cela, alors je te promet que je le ferai plus, mais laisse moi me mentir encore une dernière fois : NON, TU NE ME MANQUES PAS

Affectueusement

Ton fils

jeudi, février 14, 2008
A mi chemin

Avant c'était toujours comme ça ! Il n’y avait aucune explication. C’était un besoin qui arrivait, soudain, sans raison, sans prevenir, il arrivait, comme ça, comme des pluis d’été, toujours surprenant, …

À un moment où tout allait bien, à un moment où tout allait mal, peu importe, il arrivait, il commençait à me ronger, à m’attirer, à m’emporter, à s’imposer ...

Et un jour il disparaissait, comme il était venu, sans prevenir, sans explication,….

Mais cette fois est differente, je dois recommencer, à tout prix, car je n’ai pas le choix ! La je ne suis plus face à un besoin, mais je suis devant une nécessité. Je doit réécrire pour ne pas rechuter, pour rester la, ou j’ai réussi à en arriver après tant d’effort, car si cette fois je tombe, je sais que je ne vais pas revenir, car je ne pourrai plus me relever, car cette fois, ça ne sera plus possible, car cette fois il ne me restera plus de force !

Alors, maintenant, deux ans après, il faut que je recommence à écrire.

Je recommence, on met tout à plat, à zéro, on reprend tout dès le départ, pour arriver à …

Mais en fait, pour en arriver ou ? Et d’abord pourquoi arriver ? Pourquoi ne pas rester sur ce chemin, et tout laisser comme ça, en suspend, en pesanteur…

Mais avant de chercher les réponses à ces questions,je recommence, mais pas pour arriver, juste pour voir d’où je suis venu, où je suis tombé, comment ne pas y retomber, et où je suis.

Il disait toujours « De Temps en temps il faut descendre du train, il faut regarder derrière pour voir le chemin qu'on a fait, il faut regarder devant pour voir le chemin que l’on a à faire. De Temps en temps, pour arriver, il faut ne pas partir! »

Et la peut être dois je juste regarder et ne pas partir !

Cette fois, je ne demande même pas une main tendue pour m’aider à me relever, ce que je cherche, c’est seulement d’éviter ces mains qui sont capable de me pousser au fond ! Et pour cela, nul ne peut égaler la fidélité de ces pages vierges, alors je recommence, tout recommence, alors :

Il était une fois, un homme …

lundi, avril 30, 2007
Bonne nuit


Il reste quelques minutes avant que l’horloge ne sonne deux fois. Le bruit de la cheminé est le seul qui l’emporte sur le pouvoir sans limite du silence qui s’est imposé à l’espace et au temps depuis quelque heures. Mon voyage a duré des heures, je devais être fatigué mais je suis toujours là, sans rien sentir, à la recherche d’un grain de courage pour…

Tout le monde dort, toute la maison, le quartier ou même peut être toute la ville et moi je suis toujours là ! Et je regarde la danse envoûtante des flammes dans la cheminé. Je dois monter à l’étage pour dormir mais je n’ose pas, car je sais que je dois passer devant sa chambre pour gagner les escaliers. Et je sais que je ne résisterai pas et que j’ouvrirai la porte pour lui dire une autre fois : Bonne nuit !

J’ouvrirai la porte tout doucement, sous la faible lumière de la chambre. Il sera sur son fauteuil, je l’admirerai encore une autre fois avant de dire : ‘Bonne nuit’ et il me regardera avec son sourire bien posé qui rendait chaque instant éternelle, qu’il ferra ce petit moment de silence (qui te donne soif d’entendre chaque mot qui sortira de sa bouche), et qu’il me dira avec sa voix (qui rente dans le plus profonde de l’âme) : Bonne nuit Monsieur !!

Alors il faut y aller pour gouter une autre fois à ce moment. La lumière faible de la chambre passe en dessous de la porte. Je l’ouvre. Toujours le même sentiment. La présence d’un sentiment étrange qui me fait penser toujours à ce que je cherchais dans la vie : Au ciel, à la force, au charisme, au respect...

Mais mon sourit se glace sur mes lèvres. Sous la faible lumière de la chambre qui n’était pas éteinte depuis maintenant quasiment un an, le fauteuil est vide… mais pas la chambre. Je le sens, je l’entends, je le vois, il est la. Je me reprends vite, je me tourne vers le fauteuil. Je vais dire ce que j’ai à dire car je sais que je retrouverai la réponse parce qu’il est toujours là et il sera toujours là.

Bonne nuit papa

J’ouvre les yeux, les flammes dansent incessamment, et je suis toujours devant la cheminé. Les escaliers sont loin et la chambre aussi, mais IL est la, pas très loin, je le sens…

mercredi, mars 21, 2007
1h, 07mn, 26 s

Il fait bien noir. Même la bougie, sur la table, n’a pas résisté au froid. Et moi je suis toujours là, sur le balcon, entouré de mon petit drap. Le jardin derrière la maison est le seul qui m’accompagne, attendant et silencieux. Et quoi de plus agréable que d’avoir un compagnon si calme, si beau et si sage. Rares sont les compagnons qui peuvent te dire ce que tu veux entendre avec leur silence, rares sont les compagnons qui restent avec toi quand tu as besoin de leur présence sans rien dire ou ne rien demander. Il attend son arrivé, je le sens. Et je vois même son impatience. Je reste avec lui, mais ni impatient, ni enthousiaste, ni … j’ai juste le sentiment d’avoir un devoir à accomplir. Un devoir que j’ai accompli ces 21 dernières années et je dois le refaire à nouveau.

Il serait inexacte de dire que ce sentiment est mien depuis son départ. J’ai perdu cet enthousiaste dés que je les ai quittés. Cela fait quatre ou cinq ans, je ne sais plus exactement…

La première année, j’ai commencé à me préparer deux semaines en avance, j’ai fait la table, j’ai porté mes vêtements achetés pour l’occasion, j’ai … et j’ai attendu ! Et c’est à ce moment là que j’ai compris la stupidité de ce que je faisais!

Tous cela n’étaient pas que des excuses pour qu’on se retrouve, pour qu’on retrouve nos chers, pour qu’on fasse un bilan de notre année, pour penser à ceux dont on n’a pas eu le temps, pour … et pour moi c’était surtout une occasion de la reprendre dans mes bras pour dire que je l’aime, pour regarder dans ses yeux pour lui dire qu’il est mon héros, pour…

Et la, qu’est ce que je fais ? Il a trouvé la paix dans son coin, elle est toujours en noir bien loin et …

Et soudain je me sens seul ! Oui, même le jardin s’est endormi, il est déjà 1h 8mn du matin, alors le printemps est venu et je ne m’en suis même pas rendu compte mais au moins j’ai fait ce que j’avais à faire. Je me lève, et avant d’entrer je prends le pot de fleur sur le balcon. Il a autant froid que moi mais j’espère qu’il aura autant d’espoir dans son cœur que moi et que comme moi il croit qu’une longue saison ensoleillé nous attends.

Bonne année Papa, bonne année Maman, bonne année Moi !