Le couché du soleil, le vent du nord, le lac qui brille, les petits bateaux sur la plage qui dégagent une odeur de poisson frais et les cygnes à mes pieds. Je ferme mes yeux. Il faut que j’immortalise ce moment. Quoi d’autre peut m’aider à oublier une si dure journée du travail ? Tout est la, tout, sauf … Il me manque le silence. Le bruit de ses ailes ne me laisse pas gouter à ce plaisir ; le plaisir de rien entendre. Il faut que j’achève le travail. Il suffit d’un mouvement de la main et … et plus rien. Le silence triomphe sur tout. J’ouvre mes yeux. Je rempli mes poumons de cet air si pure, si agréable. Je laisse mon regarde se perdre dans le paysage. Je laisse le vent m’amener avec lui. Je laisse le moment m’emporter … combien j’aime cet instant de perdition. Il est toujours la, à mes pieds. Il est toujours splendide. C’est dommage que je n’ai pas mon appareil photo cette fois ci. Maintenant qu’il ne bouge plus comme la dernière fois, je peux avoir le cadre que je voudrais : le couché du soleil et le mont en arrière plan, le lac au milieu et le cygne en premier plan. Même après tous ses efforts –sans résultats évidement- il n’a guerre perdu de sa beauté, de son arrogance, de son splendeur. Même avec un cou tordu il est toujours impressionnant. C’est pour ca que j’aime cet oiseau. Je ne sens plus mon visage, le vent est plus en plus froid. Je veux bien réchauffer mon visage avec mes mains… mais le grippe aviaire est apparemment plus dangereuse que ça. Il faut que je l’enterre à coté de tous les autres cygnes pour finir le travail. Je me tourne vers le lac. Il fait bien noir. Demain il faudra que j’attaque l’autre lac. Il y aura beaucoup d’autres oiseaux qui m’attendront là-bas. Alex disait que la grippe aviaire tue facilement l’homme. Mais mon père disait toujours que c’est la connerie de l’homme qui nous a tués déjà bien long temps. Et le vent me caresse toujours le visage...