Lettre à l'absent
Le rouge et le noir
mardi, mars 28, 2006
Papillon

Mais non, en fermant les yeux, rien ne s’arrête ! Bah oui, c’est très simple mais pourtant à certain moment pour comprendre ça, il nous faut beaucoup de temps.
Ce matin je l’ai senti, je l’ai même vu. C’est très bête quand tu sais quelque chose mais que tu ne veux pas le croire. Cette année, je le niais, car je ne voulais pas le croire. Mais non, ce matin je l’ai vu. Il est là, comme chaque année, avec toute sa splendeur.
C’est très facile de fermer les yeux, de tourner la tète et de se dire que : Non, il n’est pas la. Et le pire, est qu’à force de se le dire, on fini par le croire.
Et quand tu sens sa main chaleureuse sur ton épaule et son regard généreux sur ton corps, tu te demandes pourquoi tu ne voulais pas croire à son arrivé.
Ce matin sur le trajet de chaque jour, j’ai vu mon Inconnu habituel. Mais cette fois il ne regardait pas la rue, il ne cherchait même plus à croiser mon regard curieux pour commencer son discours. Mais il était dos au gens et il s’était penché sur quelque chose. Je me suis approché de lui. Il regardait -avec son air émerveillé habituel bien sûr- une petite fleur poussée entre deux pavés, et le petit papillon posé sur elle. Mon corps lui cachait le peu lumière qu’il y avait. Alors il s’est tourné vers moi, avec une signe de la main il m’a fait bouger pour que la lumière retombe sur la petite fleur et il a murmuré dans mon oreille : Et tu as encore besoin d’un autre signe ?
Il avait raison, le printemps était la, à nos portes. Ouvrons les yeux