La joie et la peine sont deux réalités quotidiennes que nous vivons chaque jour. Laissons, les joies pour une autre occasion, et occupons nous un peu des peines : Les peines sont milles fois plus difficiles à vivre quand on est seul. Quand on se sent seul, quand on se sent pas bien ou quand on souffre, c’est plus réconfortant de voir que quelqu’un d’autre vit la même chose que nous ou qu’il comprend ce que l’on vit (c’est égoïste je sais, mais ce n’est que la vérité)… Il y avait un bruit dehors, un bruit inhabituel. J’ai ouvert la porte, une dizaine d’enfants couraient derrière un petit chaton. Le pauvre avait peur et il essayait de trouver une issue pour s’enfuir. En ouvrant la porte, le pauvre chaton a changé de direction et avant que je puisse réagir il est entré dans la maison. Il est descendu par l’escalier pour se trouver un refuge, en dessous d’un meuble au sous sol de la maison. J’ai passé quelques heures avec ce petit chaton en l’observant. Sous le canapé, il tremblait, je l’entendais bien. Ses petits yeux n’ont pas arrêté de me regarder pendant des heures. Et c’était la première fois depuis des années, que je me sentais moins seul, car quelqu’un d’autre ressentait la même chose que moi, quelqu’un d’autre avait les mêmes doutes, les mêmes craintes et les mêmes espoirs. Et je pensais à cette fatalité : quelques humains ont fait mal à ce petit brave, et là jusqu’à la fin de ses jours il va détester et il va se méfier de tous les hommes. Même quand j’ai mis un peu du lait devant lui, il me n’a pas fait confiance, car même après quelque temps, son triste souvenir l’emportait sur ses besoins et même ses volontés. Mais il y a une différence entre nous et ce chaton. Ce petit a appris sa leçon. Pour lui la question est réglée : il ne faut plus faire confiance. Mais nous, même si souvent on obtient assez tôt cette triste expérience dans notre vie, cela nous ne suffit pas, chaque fois on trouve une excuse pour se convaincre, on recommence et on continue et on continue tandis qu’on connaît bien la fin de chaque tentative… Deux jours après il est enfin sorti de chez moi. Quand dans la rue il s’éloignait, je me demandais qui a vraiment raison, lui ou moi ? Et je crois qu’il y a une façon de trouver la réponse : il faut VIVRE.