Je marche, je sors, je rentre, je marche, je m’assoie, j’essaie de me concentrer, je regarde des films, je marche, je lis, j’écoute, je parle, je rigole, je marche, je cours, j’ecr… non, je n’écris pas. Je n’écris plus. Je dois lui parler. Mais non, je ne vois pas ses yeux ! Comment parler à quelqu’un si je ne vois pas la profondeur de ses yeux ? Quelle importance cette fois-ci ? Il faut que je parle. Peu importe qu’est ce que je dis, peu importe que personne comprend ce que je dis, il faut que je parle, il faut que je me vide, peut-être que …. Je dois courir. Mais non, il n’y a personne pour courir avec moi. Il fait trop chaud, il me dit : ‘le soleil brûle tout’, mais pourquoi il ne brûle pas les souvenirs ou les regrets? Pourquoi il brûle que des fleurs qui ne gênent personne ? Je dois courir, il faut que je me vide, peut-être que … Il reste encore quelques marches, je m’arrête, j’arrive plus à respirer, je veux crier mais je m’empêche, il faut garder tout pour le sommet. J’en peux plus, je veux abandonner. Mais non, cela n’est pas important si je peux ou pas mais je dois le faire. Je recommence. Je suis en haut, il n’y a personne, je suis le seul, les premiers rayons du soleil apparaissent et le monde est sous mes pieds. Je ferme mes yeux. Je dois crier, il faut que je me vide, peut-être que … Ca fait des heures, je suis là, et elle est là aussi, en face de moi, comme avant, toujours blanche, toujours pale. Je n’ai pas bougé et elle non plus. Elle me regarde, le pire c’est qu’elle me sourit, c’est qu’elle me méprise. Je la prends dans ma main, je la déchire, et je la jette le plus loin possible. Même cette feuille de papier ne croit plus en moi. Non, il n’y a plus de peut- être, cette fois c’est sûr : je peux plus écrire.