... Il a compris la fatalité et il décide de la combattre mais cela n’est qu’une guerre perdue d’avance. Il décide de devenir le professeur de son peuple, car il sait de quoi il parle : « Alors c’est que tout, autour de moi, est mensonge, et moi, je veux qu’on vive dans la vérité ! Et justement j’ai les moyens de les faire vivre dans la vérité. Car je sais ce qui leur manque, Hélicon. Ils ont privés de la connaissance et il leur manque un professeur qui sache ce dont il parle.». Hélas, ces élèves n’ont qu’un cœur comme les dieux romains « misérable et lâche ». Alors il consacre tout pour rendre ce monde supportable « Mais je ne le savais pas auparavant. Maintenant, je sais. Ce monde, tel qu’il est fait, n’est pas supportable. J’ai donc besoin de la lune, ou du bonheur, ou de l’immortalité, de quelque chose qui soit dément peut-être, mais qui ne soit pas de ce monde ». Dans un monde ou tout est privé de sens, même le chagrin, (« On croit qu’un homme souffre parce que l’être qu’il aime meurt en un jour. Mais sa vraie souffrance est plus futile : c’est de s’apercevoir que le chagrin non plus ne dure pas. Même la douleur est privée de sens. ») le bonheur devient comme la lune, une chose impossible, alors il demande l’aide des gens pour attendre cet impossible. Mais quelle demande ! Ces gens sont incapable d’ouvrir les yeux et celui qui a ‘compris’ demande leur aide !!! C’est à ce moment là qu’il comprend l’utilité du pouvoir. Il donne ses chances à l’impossible. Et pour donner la chance a l’impossible, il faut devenir un dieu et pour cela, il n’y a qu’une solution : « J’ai simplement compris qu’il n’y a qu’une façon de s’égaler aux dieux : il suffit d’être aussi cruel qu’eux. » et il donne ce qui a le meilleur à tout le monde même à lui-même, sa haine. « Ce que j’ai de meilleur en moi, c’est ma haine »…
Pour moi tout commence et tout fini dès les premières pages, quand un patricien répète la réponse du Caligula à la question : « qu’est-ce que vous avez ? ». La réponse n’est qu’un simple ‘RIEN’, car Caligula n’a plus rien. Il n’a pas seulement tout perdu, mais le pire, il a perdu la foi, la foi en l’Homme, la foi en lui, en Caligula. Et ce Caligula est pas très loin, fermez vos yeux et penser un instant. Il est caché, mais il est là au fond de vous et moi ! « Caligula n’est pas mort. Il est là, il est en chacun de vous. » Et si un jour …