Lettre à l'absent
Le rouge et le noir
mercredi, mars 21, 2007
1h, 07mn, 26 s

Il fait bien noir. Même la bougie, sur la table, n’a pas résisté au froid. Et moi je suis toujours là, sur le balcon, entouré de mon petit drap. Le jardin derrière la maison est le seul qui m’accompagne, attendant et silencieux. Et quoi de plus agréable que d’avoir un compagnon si calme, si beau et si sage. Rares sont les compagnons qui peuvent te dire ce que tu veux entendre avec leur silence, rares sont les compagnons qui restent avec toi quand tu as besoin de leur présence sans rien dire ou ne rien demander. Il attend son arrivé, je le sens. Et je vois même son impatience. Je reste avec lui, mais ni impatient, ni enthousiaste, ni … j’ai juste le sentiment d’avoir un devoir à accomplir. Un devoir que j’ai accompli ces 21 dernières années et je dois le refaire à nouveau.

Il serait inexacte de dire que ce sentiment est mien depuis son départ. J’ai perdu cet enthousiaste dés que je les ai quittés. Cela fait quatre ou cinq ans, je ne sais plus exactement…

La première année, j’ai commencé à me préparer deux semaines en avance, j’ai fait la table, j’ai porté mes vêtements achetés pour l’occasion, j’ai … et j’ai attendu ! Et c’est à ce moment là que j’ai compris la stupidité de ce que je faisais!

Tous cela n’étaient pas que des excuses pour qu’on se retrouve, pour qu’on retrouve nos chers, pour qu’on fasse un bilan de notre année, pour penser à ceux dont on n’a pas eu le temps, pour … et pour moi c’était surtout une occasion de la reprendre dans mes bras pour dire que je l’aime, pour regarder dans ses yeux pour lui dire qu’il est mon héros, pour…

Et la, qu’est ce que je fais ? Il a trouvé la paix dans son coin, elle est toujours en noir bien loin et …

Et soudain je me sens seul ! Oui, même le jardin s’est endormi, il est déjà 1h 8mn du matin, alors le printemps est venu et je ne m’en suis même pas rendu compte mais au moins j’ai fait ce que j’avais à faire. Je me lève, et avant d’entrer je prends le pot de fleur sur le balcon. Il a autant froid que moi mais j’espère qu’il aura autant d’espoir dans son cœur que moi et que comme moi il croit qu’une longue saison ensoleillé nous attends.

Bonne année Papa, bonne année Maman, bonne année Moi !

dimanche, mars 11, 2007
"Milutkich snow" ou "le noir sans le rouge"

Pour moi, les relations humaines ont toujours ressemblées à des livres. Chaque histoire humaine qui commence est comme un livre qu’on ouvre sans savoir à quoi s’attendre. On tourne la première page, quand chaque fois on dit Bonjour ou qu’on répond à un Bonjour, à un sourire, à un regard ou … d’un inconnu.

Il y a des livres que l’on ferme dès la troisième ou quatrième page. Il y a des livres que l’on ne lâche pas un instant et l’on fait tout pour ne les finir jamais et qu’on ouvre un nouveau chapitre dès que le précédent est fini. Il y a des classiques ou des cultes parmi ces livres, certes on ne les lit pas chaque jours, mais de temps en temps on les retrouve par hasard dans notre bibliothèque ou seulement un sentiment étrange nous pousse à aller les chercher, les dépoussiérer. C’est toujours le même sentiment inexplicable qui nous oblige à les relire et chaque fois on sent le même plaisir intense de la première fois.

Il y a des livres que l’on trouve une seule fois dans notre vie, si on ne profite pas de cette occasion et qu’on la perd, on les regrettera toute notre vie.

Il y a des livres qu’on a lu si profondément qu’il devient une partie de notre existence. Ces livres sont toujours avec nous mais ils sont tellement en harmonie avec notre vie, que pas mal de fois on les oublie complètement, mais ce n’est pas pour autant qu’ils nous ont abandonnés.

Tous ces livres (Long, court, sombre, gai, blessant, réconfortant,…) ont leur beauté et leurs leçons.

Mais il y a un sort des livres qui sont très triste : Quand vous êtes en train de lire une belle histoire qui vous plait énormément, et que soudain quelque chose vous préoccupe, que vous êtes obligé d’abandonner ce livre pour quelques instants et que de votre retour vous constatez que le vent a fait tourner les pages ou même l’a fermé, vous ne savez plus à quelle page vous en étiez. Dans ces moments là, il faut beaucoup de courage pour recommencer ou faire tous pour retrouver la page…

Hélas, un courage énorme qui nous manque souvent…

Et je peux vous garantir que si vous retomber par hasard sur ce livre même après des années, ce regret sera toujours avec vous.