Comme tout homme qui se respecte, j’ai mes périodes de traversé de désert!
Ce qui n’est pas mauvais en soi, mais qui peut devenir dangereux si cette ‘traversé’ devient un ‘séjour’ !
Mais là, je veux parler d’autre chose ;
Ces traversés, sont une bonne occasion pour essayer de mieux connaître notre entourage. Ceux que l’on croise chaque jour, ceux qui occupent ou ceux qui ont occupés une place dans notre vie, dans notre tête ou dans notre cœur. On peut facilement les placer dans les différentes catégories grâce à cette occasion.
Tout d’abord, il y a ceux qui sont les causes des ces traversés, ceux qui déclanchent ce malaise si profond qui nous pousse à partir dans cette quête pour trouver ‘la’ réponse,… Là, je les mets pour une autre occasion, quand je serai plus calme et plus serein pour les évoquer, car ils demandent des lignes et des lignes de réflexion, et surtout une méthodologie pour les éviter dans la vie (que j’ignore toujours).
Sinon il y a ce qui sont tellement sûr d’eux-mêmes, ceux qui ont (d’après eux) la solution finale à nos problèmes qui veulent nous obliger à monter dans leurs 4X4 (dont ils sont très fier), sans savoir qu’ils n’ont même pas assez d’essence pour aller bien loin et qu’ils vont se perdre avant nous, mais avec une différence. Ces gens là sont si sûre d’eux même (sans raison) qu’il n’y a aucun espoir de se retrouver avec eux, car ils n’ont que leur GPS collé sur leur voiture, et une fois la voiture en panne, tout est fini pour eux!
Il y a aussi ceux qui passent à coté de toi, qui te disent ‘bonjour’ avec leur sourire insensé, ou qui te racontent leur soirée d’hier ou… sans même voir dans quel état tu es, ce qui sont les centres de ce monde, ceux qui … (peut être ne méritent ils même pas plus d’exemples !)
Et une dernière catégories, une groupe bien rare et (peut être) le seul qui m’intéresse : Ceux qui font peut être pas grande chose en apparence, mais ceux qui font changer tout pour toi. Ceux qui reste juste à coté de toi sans dire le moindre chose, ceux qui sont capables de se perdent avec toi, ceux qui ne font que juste t’observer, et qui te prennent la main quand tu tombes, sans pour autant essayer de t’amener vers la direction qu’ils trouvent le plus pertinent en te forçant. Ceux qui ne te poussent pas, mais ils te montrent la direction qui est bonne d’après eux, et ceux qui ne te forcent pas à sortir de ce désert.
Ou tout simplement ceux qui vont à l’autre bout de désert, et qui t’attend impatiemment pour que te fasse ton trajet, pour que tu puisses bien te perdre avec l’espoir que tu te retrouves mieux, ceux qui crient temps en temps : ‘courage, mais sache que je suis la’ …
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Et c’est combien agréable de faire un traversé qui nous semblait sans fin, et qu’un jour on trouve l’issue et qu’on en sort fatigué, et qu’à l’autre bout, on trouve les bras de ces rares ‘AMIS’ pour se reposer, pour tout recommencer.
Le mien, semble toujours un peu loin de prendre fin, mais je sais déjà que peu importe de temps de ce traversé, je peux compter sur ces bras, car ses rares bras seront toujours à l’autre bout.
Cela faisait plus de deux heures que j’étais là, au milieu de nulle part et avec ces gens si étrange. J’ai regardé autour de moi. Cela ressemblait plutôt à une de ces caricatures qu’on voit dans les films mais cette fois c’était vrai : Au milieu de ces tableaux abstraits avec leurs couleurs vifs, face à une sculpture de huit corps sans têtes, sans pieds et sans mains qui dansaient, j’étais entouré par un cercles étranges : Des génies fous. Un philosophe avec un rire diabolique, un mathématicien avec des tocs, un peintre barbu qui parlait plutôt avec ses mains qu’avec ses mots, … et un homme à part : un agité qui ne restait pas en place malgré son age (la cinquantaine) il sautait dans tous les sens, il embêtait les gens, il les dessinait en cachette en accentuant leurs défaut pour se moquer d’eux en courant partout. On aurait dit une vague qui avait peur de rester immobile et de s’échouer, alors il s’agitait…
J’avais la tête qui tournait, les tableaux, ces gens là, les discussions si lourdes et si profondes à tenir,… ajoutons à cela un débat de plus d’une heure trente dans la voiture avec deux penseurs (sur mes problèmes relationnels avec les êtres en générales) et un court métrage qui parlait de « la recherche de vide » par les le peintre qui nous prévenait que « l’excès d’intellectualisme est la mort » et . . . alors vous pouvez imaginez mon état. Je me sentais rempli d’une substance étrange qui voulait sortir de ma tête, de mon âme. J’avais besoin du temps pour tout comprendre, pour tout analyser, pour que toutes ces choses se déposent en moi. Mais avant que je puisse comprendre et apprécier la première idée, il y en avait déjà une dizaine d’autres qui cherchait à se faire une place… Et moi qui tournais au rythme de cette alchimie étrange.
Je ne pouvais plus jouer à mon jeu habituel…
Et la j’ai baissé ma garde, pour quelque instant, pour respirer, pour retrouver mes forces, pour faire une pause…
C’était à ce moment précis que mon regard a croisé son regard pour la première fois.
Ce perturbateur essayait de me dessiné en cachette, et là il est resté fixé sur moi. Comme un homme ensorcelé, je pouvais plus faire le moindre mouvement. J’ai senti qu’il entait en moi, dans mon fort intérieure, dans mon âme, et peut être pour la première fois je ne faisais aucun effort pour l’empêcher.
Et soudain, je me reprends, je reviens, je ferme ma garde, je reprends mon sourire et je remets le masque. Tous cela ne devait pas durer que quelque instant, mais pour moi c’était comme une éternité. Et lui, il n’était plus là, il s’était enfoui dans la foule.
Je pouvais plus supporter tous cela, j’étais affaibli, sans force, impuissant, perdu…
…
Quand je me suis retrouvé, j’étais dehors, dans cette ville inconnue, sous la pluie, et je marchais, sans savoir vraiment ma destination. Je ne savais plus comment j’avais quitté le salle et comment je suis arrivé jusqu’à la, mais la seule chose que je me rappelais, c’était sa main froide qui m’a retenu devant la porte, son regard qui ne quittait pas le sol cette fois et c’était sa voix si faible qui me disait :
« C’est pas l’envie qui te manque, mais peut être c’est juste ton sourire qui te tient, qui te sauve. Mais tu es en train de le perdre aussi. Fais quelque chose maintenant, sinon demain ça sera trop tard. »
Oui, il avait vu ce que personne n’a pu voir depuis longtemps, il a pu voir ce qui n’était pas à voir…
…
La pluie était forte, et personne cette fois, ne pouvait voir au fond de mes yeux, car ils étaient déjà remplis. Et moi, je cherchais a savoir ou j’ai perdu mon sourire, dans le regard de qui …
Bonjour,
J’espère que tu vas bien.
Moi ça va, … en fait non, je t’ai promis de ne plus mentir alors … moi ça va pas ! Il y a quelque chose qui me démange depuis deux ans, quelque chose qui me hante depuis ton départ, quelque chose qui ne me laisse pas tranquille même un instant, quelque chose …
Rien ne peut détruire plus une personne que le sentiment de culpabilité ! Et là, j’ai ce sentiment, mais avec une différence. Cette fois tu es plus là pour m’aider à le résoudre et cette fois je suis seul face à lui, et ….
Oui, je me sens coupable, car je n’étais pas là quand tu es parti. Je sais, tu es plus grand que ça pour me tenir rigueur pour cela, mais c’est moi qui n’arrive pas à trancher, et là je t’écris pour que tu me dises qui est le vrai coupable, moi ou toi ?
Tu sais, ce soir là, quand on a conclu que je devais partir, je suis revenu devant ta chambre, et avant d’ouvrir la porte, j’ai senti quelque chose. Quelque chose de nouveau que je n’avais pas senti depuis pas mal de temps, quelque chose que tu m’avais appris à oublier et à ignorer. Oui, j’avais peur, j’avais peur d’ouvrir cette porte et …
Mais comme toujours je l’ai ignoré car tu disais qu’avec la peur on n’avancera jamais !
Sous la lumière de ta petite lampe de nuit, tu dormais, silencieux, calme et malgré une quinzaine de kilo de moins, tu était comme toujours, fort, stable, rassurant.
Je t’ai regardé pendant quelques minutes, mais je n’ai pas réussi à me convaincre de te réveiller, alors je me suis rapproché de ton lit, et j’ai embrassé ton front, et je ne t’ai pas dit au revoir car …
La dernière chose que je me rappelle de ce foutu soir, c’est la lumière de ta chambre qui disparaissait dans le noir de la nuit et mes yeux qui était chaud et prêt pour se lâcher…
Et quand, une semaine après, je suis revenu dans la même chambre, tout était pareil, le lit, la lumière, l’odeur de chambre, tes livres sur la table, … c’est juste que tu n’étais plus là.
Tu sais, je ne t’ai pas réveillé ce soir là car je ne voulais pas te dire au revoir, car je déteste ce mot, car malgré tout j’avais peur, car au fond de moi, je savais qu’il y avait peu de chance pour une autre retrouvaille après avoir dit ‘au revoir’. Alors je voulais partir comme ça, sans rien dire, en espérant que cela t’oblige à rester quelque temps de plus, car je savais que tu ne partirais jamais sans dire au revoir à nous tous.
Et là, tu m’as eu, tu n’étais plus là. Tu n’as même pas voulu rester pour que je revienne, tu n’as même pas voulu m’attendre. Je sais, je sais que tu en avais marre et que tu voulais partir mais tu n’avais pas le droit de me faire ça à moi, à ton fils, à ton …
Non, maintenant que je réfléchi, cela n’est pas de ma faute, non. Peut être que je n’ai pas été toujours un fils parfait, mais je méritais un dernier au revoir avant de partir…
Bref, je sais que tu es entrain de rigoler en lisant tout ça. Oui, je n’ai pas changé, j’écris mal quand je suis révolté ou impuissant et que je cherche toujours pour trouver un coupable pour chaque chose.
Mais cette fois, sache que je ne compte pas t’abandonner, je t’écrierai, je le crierai et j’attendrai pour que tu me répondes. Même si une vie serait nécessaire pour cela !
Alors j’attendrai juste le temps d’une vie pour cette réponse, pour …