Lettre à l'absent
Le rouge et le noir
dimanche, mars 02, 2008
Juste le temps d'une vie

Bonjour,

J’espère que tu vas bien.

Moi ça va, … en fait non, je t’ai promis de ne plus mentir alors … moi ça va pas ! Il y a quelque chose qui me démange depuis deux ans, quelque chose qui me hante depuis ton départ, quelque chose qui ne me laisse pas tranquille même un instant, quelque chose …

Rien ne peut détruire plus une personne que le sentiment de culpabilité ! Et là, j’ai ce sentiment, mais avec une différence. Cette fois tu es plus là pour m’aider à le résoudre et cette fois je suis seul face à lui, et ….

Oui, je me sens coupable, car je n’étais pas là quand tu es parti. Je sais, tu es plus grand que ça pour me tenir rigueur pour cela, mais c’est moi qui n’arrive pas à trancher, et là je t’écris pour que tu me dises qui est le vrai coupable, moi ou toi ?

Tu sais, ce soir là, quand on a conclu que je devais partir, je suis revenu devant ta chambre, et avant d’ouvrir la porte, j’ai senti quelque chose. Quelque chose de nouveau que je n’avais pas senti depuis pas mal de temps, quelque chose que tu m’avais appris à oublier et à ignorer. Oui, j’avais peur, j’avais peur d’ouvrir cette porte et …

Mais comme toujours je l’ai ignoré car tu disais qu’avec la peur on n’avancera jamais !

Sous la lumière de ta petite lampe de nuit, tu dormais, silencieux, calme et malgré une quinzaine de kilo de moins, tu était comme toujours, fort, stable, rassurant.

Je t’ai regardé pendant quelques minutes, mais je n’ai pas réussi à me convaincre de te réveiller, alors je me suis rapproché de ton lit, et j’ai embrassé ton front, et je ne t’ai pas dit au revoir car …

La dernière chose que je me rappelle de ce foutu soir, c’est la lumière de ta chambre qui disparaissait dans le noir de la nuit et mes yeux qui était chaud et prêt pour se lâcher…

Et quand, une semaine après, je suis revenu dans la même chambre, tout était pareil, le lit, la lumière, l’odeur de chambre, tes livres sur la table, … c’est juste que tu n’étais plus là.

Tu sais, je ne t’ai pas réveillé ce soir là car je ne voulais pas te dire au revoir, car je déteste ce mot, car malgré tout j’avais peur, car au fond de moi, je savais qu’il y avait peu de chance pour une autre retrouvaille après avoir dit ‘au revoir’. Alors je voulais partir comme ça, sans rien dire, en espérant que cela t’oblige à rester quelque temps de plus, car je savais que tu ne partirais jamais sans dire au revoir à nous tous.

Et là, tu m’as eu, tu n’étais plus là. Tu n’as même pas voulu rester pour que je revienne, tu n’as même pas voulu m’attendre. Je sais, je sais que tu en avais marre et que tu voulais partir mais tu n’avais pas le droit de me faire ça à moi, à ton fils, à ton …

Non, maintenant que je réfléchi, cela n’est pas de ma faute, non. Peut être que je n’ai pas été toujours un fils parfait, mais je méritais un dernier au revoir avant de partir…

Bref, je sais que tu es entrain de rigoler en lisant tout ça. Oui, je n’ai pas changé, j’écris mal quand je suis révolté ou impuissant et que je cherche toujours pour trouver un coupable pour chaque chose.

Mais cette fois, sache que je ne compte pas t’abandonner, je t’écrierai, je le crierai et j’attendrai pour que tu me répondes. Même si une vie serait nécessaire pour cela !

Alors j’attendrai juste le temps d’une vie pour cette réponse, pour …

3 Comments:
Anonymous Anonyme said...
Par un heureux hasard comme on en connait que sur Internet, je tombe sur votre blog, débordant d'émotions. J'ai lu tous vos postes. J'ai pleuré. Il est 0h40, demain je dirai à mes parents que je les aiment.
Merci à vous !

Anonymous Anonyme said...
je verse rarement (pour ne pas dire jamais) des larmes en lisant ce genre de chose sur le net...mais tu n'es pas n'importe qui, et je m'en veux de ne pas avoir pris de tes nouvelles!!
tasliat arz mikonam

Anonymous Anonyme said...
plein de tendresses et d'amour, tes messages parlent d'eux meme.Rien n'est plus important que les parents,la famille et les amis...A défaut d'avoir perdu un pilier de ta vie, en voici un autre pour te faire sentir que tu n'es pas seul...
A toi pour longtemps