Cela faisait plus de deux heures que j’étais là, au milieu de nulle part et avec ces gens si étrange. J’ai regardé autour de moi. Cela ressemblait plutôt à une de ces caricatures qu’on voit dans les films mais cette fois c’était vrai : Au milieu de ces tableaux abstraits avec leurs couleurs vifs, face à une sculpture de huit corps sans têtes, sans pieds et sans mains qui dansaient, j’étais entouré par un cercles étranges : Des génies fous. Un philosophe avec un rire diabolique, un mathématicien avec des tocs, un peintre barbu qui parlait plutôt avec ses mains qu’avec ses mots, … et un homme à part : un agité qui ne restait pas en place malgré son age (la cinquantaine) il sautait dans tous les sens, il embêtait les gens, il les dessinait en cachette en accentuant leurs défaut pour se moquer d’eux en courant partout. On aurait dit une vague qui avait peur de rester immobile et de s’échouer, alors il s’agitait…
J’avais la tête qui tournait, les tableaux, ces gens là, les discussions si lourdes et si profondes à tenir,… ajoutons à cela un débat de plus d’une heure trente dans la voiture avec deux penseurs (sur mes problèmes relationnels avec les êtres en générales) et un court métrage qui parlait de « la recherche de vide » par les le peintre qui nous prévenait que « l’excès d’intellectualisme est la mort » et . . . alors vous pouvez imaginez mon état. Je me sentais rempli d’une substance étrange qui voulait sortir de ma tête, de mon âme. J’avais besoin du temps pour tout comprendre, pour tout analyser, pour que toutes ces choses se déposent en moi. Mais avant que je puisse comprendre et apprécier la première idée, il y en avait déjà une dizaine d’autres qui cherchait à se faire une place… Et moi qui tournais au rythme de cette alchimie étrange.
Je ne pouvais plus jouer à mon jeu habituel…
Et la j’ai baissé ma garde, pour quelque instant, pour respirer, pour retrouver mes forces, pour faire une pause…
C’était à ce moment précis que mon regard a croisé son regard pour la première fois.
Ce perturbateur essayait de me dessiné en cachette, et là il est resté fixé sur moi. Comme un homme ensorcelé, je pouvais plus faire le moindre mouvement. J’ai senti qu’il entait en moi, dans mon fort intérieure, dans mon âme, et peut être pour la première fois je ne faisais aucun effort pour l’empêcher.
Et soudain, je me reprends, je reviens, je ferme ma garde, je reprends mon sourire et je remets le masque. Tous cela ne devait pas durer que quelque instant, mais pour moi c’était comme une éternité. Et lui, il n’était plus là, il s’était enfoui dans la foule.
Je pouvais plus supporter tous cela, j’étais affaibli, sans force, impuissant, perdu…
…
Quand je me suis retrouvé, j’étais dehors, dans cette ville inconnue, sous la pluie, et je marchais, sans savoir vraiment ma destination. Je ne savais plus comment j’avais quitté le salle et comment je suis arrivé jusqu’à la, mais la seule chose que je me rappelais, c’était sa main froide qui m’a retenu devant la porte, son regard qui ne quittait pas le sol cette fois et c’était sa voix si faible qui me disait :
« C’est pas l’envie qui te manque, mais peut être c’est juste ton sourire qui te tient, qui te sauve. Mais tu es en train de le perdre aussi. Fais quelque chose maintenant, sinon demain ça sera trop tard. »
Oui, il avait vu ce que personne n’a pu voir depuis longtemps, il a pu voir ce qui n’était pas à voir…
…
La pluie était forte, et personne cette fois, ne pouvait voir au fond de mes yeux, car ils étaient déjà remplis. Et moi, je cherchais a savoir ou j’ai perdu mon sourire, dans le regard de qui …
Et puis...
Merci d'exister Amir.